Les "étoiles" - Patrimoine du XXème siècle

Architecte Jean Renaudie (1925-1981)

Grand Prix national d'architecture 1979

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Rêvons un peu. Imaginons un immeuble de logements qui serait le contraire d'une caserne. Où chaque appartement serait différent. Où les habitants disposeraient, tous, d'une terrasse sur laquelle ils pourraient même planter des arbustes en pleine terre. Où les pièces ne respecteraient pas forcément la mise au carré, mais se faufileraient, ménageant des coins tranquilles, des surprises, s'achevant parfois en oblique, grimpant en duplex ou même en triplex. Dans cet immeuble, on pourrait cheminer par des escaliers et des passages semi-privés. Les habitants auraient tendance, du coup, à perdre cinq minutes pour se rencontrer. Et tant qu'à rêver, on irait même installer cet immeuble en pleine ville, mélangé à des commerces, des écoles, une galerie d'art, des bureaux. Évidemment, tout cela n'existe pas. Trop cher, trop compliqué, pas assez bureaucratique, trop beau pour les gens qui, chacun sait ça, se contentent de peu.

Eh bien, de tels logements existent ! A Givors, et c'est sur place (et pas dans un grand musée pour une fois), c'est l'œuvre de l'architecte Jean RENAUDIE.

Jean Renaudie, Architecte rebelle, refuse de jouer les « abeilles » dans la production des logements collectifs. Il récuse la simplicité géométrique du parallélépipède. Il cherche à introduire l'inattendu, la découverte, la diversité, la complexité dans l'organisation des formes du logement. Il dissout les formes par l'adoption d'une géométrie triangulaire, régissant plans et façades, il en ressort les "étoiles", remarquables réalisations de "jardins suspendus". Labellisé "patrimoine du XXème siècle" 

En 1976, Jean Renaudie profite de la colline Saint-Gérald à Givors, pour y accrocher sa cascade de logement sur le relief naturel du site, il réalise des cheminements piétons en escalier qui permettent de créer des dessertes extérieures individuelles pour joindre les appartements. Les logements aux formes complexes disposent tous de nombreuses terrasses arborées. Le foisonnement végétal, qui contraste avec le béton brut des parois, participe à l'image de l'architecte donnant aux habitants la possibilité d'intervenir sur l'image de l'immeuble et favorisant les communications avec l'environnement, la connaissance et les contacts entre les habitants.

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